L'ILE D'ELBE, UNE ILE IMPERIALE

Un hommage à cette île de rêve qu'est l'île d'Elbe...
 
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 La route Napoléon, pas à pas...

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Route Napoleon
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MessageSujet: PONT-HAUT   Mer 20 Oct 2010 - 9:18

C'est aujourd'hui le jour le plus long...

Levé très tôt à Corps, Napoléon a vu de sa fenêtre, s'il ya clair de lune, l'Obiou, cette montagne qui surplombe, à 2.700 mètres, le village, dont le nom L'Obiou veut dire Le Beau :



Il sait, par Cambronne parti en avant, que des troupes royalistes sont sur La Mure.
Cambronne a passé la nuit à La Mure avec son avant-garde.
Surprise, son adjudant-major Laborde qui doit faire le logement pour l'avant-garde, rencontre un autre adjudant major du 5° de ligne qui arrivait lui de Grenoble pour s'occuper du logement de son propre bataillon.
Laborde l'interpelle :

- Je vois que nous portons une cocarde différente, mais dis-moi avec la franchise d'un soldat, sommes-nous amis ou ennemis ?
- Deux vieux compagnons d'armes seront toujours amis ! répond l'adjudant-major en lui serrant la main.
- Alors faisons le logement ensemble !

L'adjudant du 5° de ligne accepte la proposition, puis s'esquive pour aller informer son Chef de bataillon. De son côté Laborde rapporte l'incident à Cambronne, qui apprend en même temps qu'une troupe d'infanterie, avec une compagnie du génie, se met en position à 500 m de La Mure, sur une hauteur appelée la Pontine.
Cambronne envoie un de ses officiers pactiser avec ce chef de bataillon nommé Lessart, ancien de la Garde impériale, qui refuse de recevoir l'émissaire. Cambronne y va lui-même, mais une sentinelle lui intime l'ordre de s'éloigner ou " Je fais feu ! " Le général revient à La Mure et poste un piquet de garde à l'entrée du village et au lieu de loger ses hommes les fait bivouaquer sur la place de l'hôpital.
Il va souper à l'auberge, quand un paysan l'avertit que le 5° de ligne se met en mouvement pour tourner La Mure et se porter au pont du Pont-Haut, sur la route de Corps, et le faire sauter.

Le Pont-Haut actuel :




L'occupation de Pont-Haut, pont haut sur la rivière la Bonne très encaissée à cet endroit, aurait coupé l'avant-garde de Cambronne du gros de la colonne. Remettant son souper au lendemain, Cambronne rétrograde avec sa petite troupe pour protéger le pont et envoie une estafette prévenir l'Empereur de l'attitude du 5° de ligne.
Le maire de La Mure, M. Genevois vient dire tout haut au chef de bataillon Lessart, de façon à être entendu par la troupe, qu'il est absurde de détruire le pont puisqu'il y a un gué plus loin et que la perte du pont porterait un grave préjudice au commerce de la commune.
Devant ces paroles de bon sens, approuvées par les sapeurs du génie qui cherchaient un prétexte pour ne pas obéir, Lessart décide lui aussi de rétrograder et s'en va bivouaquer à Laffrey.
Cette nuit là, La Mure où s'était rencontré les deux avant-garde, se trouve évacuée.

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Percy
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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Mer 20 Oct 2010 - 14:38

Votre récit amène ce commentaire de ma part : "il est parfois bon que les hommes jettent des ponts entre eux" !

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MessageSujet: LA MURE   Jeu 21 Oct 2010 - 8:29

marche marche marche marche

Mon cher Percy, il y a au bout du pont une auberge où j'ai admiré cette fresque,
où l'on voit 2 ponts : le pont en 1815, sur le pont romain...






Napoléon et son escorte retrouvent le général Cambronne à Pont-Haut. Ils arrivent à La Mure à 8 heures où ils font une halte sur la colline du Calvaire. Plus de mille personnes suivent acclamant l'Empereur.
Un piquet de chasseurs les maintiennent en cercle autour d'un bivouac improvisé.





Pendant cette halte, Napoléon s'entretient avec le maire M. Pierre-Noé Genevois et ses conseillers municipaux. M. Genevois sera récompensé d'avoir évité de faire sauter le pont de Pont-Haut.
Il sera sous-préfet pendant les Cent-Jours, donc le premier et le dernier sous-préfet de La Mure.

Il fait chaud, et un caporal apporte un seau de vin pour les hommes du piquet.
Napoléon fait un signe au caporal et dans le même verre que les soldats, boit à son tour,
ce qui fait frémir de plaisir ces vieilles moustaches !

A 11 heures, on se remet en route, vers Laffrey, où l'on sait qu'un bataillon venu de Grenoble fait barrage.
Les Polonais sont en tête, les chasseurs de la vieille garde ensuite, les uns à pied, les autres en charrettes offertes par les habitants, enfin l'Empereur en calèche, son cheval mené en main.
Le gros de la colonne venant de Corps n'a pas encore rallié.

A la même heure, à Vienne, ce mardi 7 mars, un courrier porteur d'une dépêche urgente arrive chez Metternich. Le ministre peut lire sur l'enveloppe:
" du Consulat général impérial et royal à Gênes. "
Elle ne contient que six lignes: " Le commissaire anglais Campbell vient d'entrer dans le port pour s'informer si personne n'avait vu Napoléon à Gênes, après sa disparition de I'île d'Elbe. La réponse étant négative, la frégate anglaise a repris la mer sans tarder."
Le prince Metternich saute de son lit.
A 8 heures il est chez l'empereur François, à 8 heures 15, chez le tsar Alexandre, à 8 heures 30 chez le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III.
A 9 heures, rentré chez lui, il convoque pour 10 heures les ministres des Quatre Puissances dans son bureau.
- Maintenant qu'il s'est échappé, il faut le pendre !
- Avant de le pendre, il faut le prendre...

Marie-Louise apprendra la nouvelle par Neipperg au cour d'une promenade.
Elle ne montra aucune émotion...




marche marche marche marche marche marche



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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 21 Oct 2010 - 10:38

Route Napoleon a écrit:

- Maintenant qu'il s'est échappé, il faut le pendre !
- Avant de le pendre, il faut le prendre...


L'intention d'en finir une fois pour toutes avec celui qui sera déclaré hors-la-loi et défini comme le perturbateur du monde tient dans ces deux lignes.
Le Congrès qui suivra ne fera qu'entériner cette décision.

Pour ma part, je reste convaincu que l'évasion de l'île d'Elbe a été favorisée.
Le débat sur cette question reste ouvert.

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 21 Oct 2010 - 19:52

Est ce que Marie Louise avait déjà un amant à cette époque?

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 21 Oct 2010 - 21:45

Oh oui Fabrice, alors que l'Empereur était encore à l'île d'Elbe!

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 21 Oct 2010 - 21:49


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MessageSujet: MARIE-LOUISE   Ven 22 Oct 2010 - 9:10

Oui Fabrice et voilà comment ça s'est passé :

Fin mars, début avril 1814, Marie-Louise, à qui on a conseillé de quitter la capitale, voulait rejoindre son mari, qu'elle n'a pas revu depuis le 25 janvier.
Napoléon est à Fontainebleau, où il regroupe ses troupes.
Il négocie avec le Tsar, à Paris, par l'intermédiaire de Caulaincourt qui fait des aller-retour entre l'hôtel Talleyrand et le Château de Fontainebleau.
Par l'intermédiaire de Marie-Louise, Napoléon traite également avec son beau-père, l'Empereur d'Autriche, qui est à Dijon.
L'Impératrice, jeunette de 26 ans, régente de fait, est escortée par les frères de l'Empereur et le ministère.
On court sur les routes, dans le mauvais temps entre Rambouillet, Chartres, Vendôme, Blois.

C'est une partie d'échecs après la partie de poker menée sur la Marne, pendant la Campagne de France.

Le comte schouwaloff, aide de camp du tsar, commissaire des alliés, rejoint l'Impératrice à Blois.
Il l'a conduit à Orléans sous bonne escorte.
Les frères, Joseph ex-roi d'Espagne et Jérôme, ex-roi de Westphalie, qui voulaient se servir de leur belle-souer comme otage, passent en Suisse.
Les ministres s'évaporent en direction de Paris. Echec à la Reine...

Au même moment, à Fontainebleau, c'est la défection des grosses épaulettes, les maréchaux se rallient aux Bourbons...
A Corbeil-Essonnes, les troupes du Maréchal Marmont, plus de 10.000 hommes, quittent leurs positions, mettant Napoléon à découvert. Echec au Roi...

Pour complaire à son père, rencontré à Rambouillet, Marie-Louise rentre en Autriche. Elle passe la frontière à Bâle de 28 avril, jour où Napoléon s'embarque à Saint-Raphaël et jour de l'entrée de Louis XVIII à Compiègne...

A Vienne va s'ouvrir le Congrès qui doit régler le sort de l'Europe après la chute de l'empire français. Pour fuir la capitale autrichienne où toutes les cours affluent, Marie-Louise, qui ne veut voir personne profite d'organiser un séjour thermal à Aix-Ies-bains, ville restée française.
Elle quitte Vienne le 6 juillet avec ses gens de compagnie, mais sans son fils. Sous prétexte que le petit Napoléon risque de l'embarrasser, on l'a gardé à Vienne...
Il est, en outre, décidé qu'elle aurait auprès d'elle une personne familière pour être son conseil
et faire la liaison avec la Chancellerie, sur ses projets concernant le Duché de Parme.
Schwarzenberg, qui doit désigner ce garde du corps, est un des pires ennemis de Napoléon.
De sa propre initiative ou poussé par quelque personnage de la famille impériale, il nomme le général Adam Von Neipperg.
Suivant le témoignage de Méneval secrétaire de Marie-Louise, mais au service de Napoléon, Neipperg reçut la mission de faire oublier à l'impératrice le souvenir de son mari,
" en poussant les choses jusqu'où elles pourraient aller ".

A quarante ans, Neipperg est un séducteur, portant beau l'uniforme de hussard avec un bandeau sur l'oeil droit perdu au combat. Il est né à Vienne, des relations adultères de sa mère et d'un officier français.
Napoléon le connaît ce Neipperg. En Juillet 1800, après le succès de Marengo, il était venu à Paris, alors colonel pour assister le Comte de saint-Julien chargé par l'empereur d'Autriche de négocier avec Talleyrand et Maret, les préliminaires du traité de paix qui sera signé à Lunéville.

Ces négociations se passent mal et à leur retour à Vienne, le deux négociateurs furent envoyés réfléchir pendant trois mois dans une forteresse.
Neipperg, au dire d'Albert Sorel, en conçu une haine féroce envers la France et son Premier Consul :
" Il en fit une affaire personnelle, il attendit longtemps sa vengeance, elle lui vint par de prodigieux ricochets... II paya, par un scandale de la grande histoire, ce petit affront de coulisse diplomatique. "

Neipperg est habitué aux missions délicates pour avoir participé à la trahison de Bernadotte et ensuite à celle de Murat. Il a bien compris le but de la manoeuvre.
Lors du retour d'Aix, pour éviter les fêtes du Congrès de Vienne où elle aurait eu un méchant rôle, Marie-Louise fait traîner le voyage en Suisse.
Bausset le préfet du palais est couché, malade de la goutte, et Méneval s'oublie chez Joseph Bonaparte, à Prangins près de Genève.
Adam Neipperg a les mains libres. Il est aimable, infatigable aux excursions, romantique, mélomane. Enfin, il devient son amant...
André Castelot précise que l'événement se déroule le 27 septembre dans une auberge Suisse, " Au Soleil d'Or ", près de la chapelle de Guillaume Tell, par un soir d'orage !
Le beau hussard sera récompensé au retour à Vienne avec le titre de Chevalier d'Honneur de l'Impératrice.

La liaison reste secrète jusqu'à la fin 1814, mais à l'occasion des bals de fin d'année Adam Neipperg l'officialise en apparaissant au bras de sa maîtresse au vu et su de toute la cour.
D'autant plus que la Nonciature de Vienne propose à S.M. la duchesse de Parme de faire valider son mariage avec Napoléon, maintenant qu'il est libre depuis la mort de Joséphine...
Marie-Louise est ahurie: ainsi donc, selon le Pape, elle n'avait été que la concubine de Napoléon et son fils n'était qu'un enfant naturel, " l'enfant du crime " disait-on à la Nonciature.
Le cardinal Consalvi aura plusieurs entretiens avec Marie-Louise.
Réépouser Napoléon ?
Il n'en est pas question et pour comble, on ne lui cache pas la visite de Marie Walewska à l'île d'Elbe...

Il est à Vienne assez de mauvaises langues pour que la nouvelle de la liaison arrive bientôt à... Napoléon qui expédie Cipriani à Vienne, via Gênes.
Cipriani est un Corse républicain qui est rentré à son service en 1810, en qualité de maître d'hôtel. C'est en fait une couverture, il lui sert de confident et d'espion.
De Vienne toujours par Gênes, Cipriani réussit à faire passer des billets rapportant les rumeurs qui circulent dans l'entourage des souverains, dans les couloirs du Congrès.
De son côté Méneval écrit à Bertrand que l'enlèvement de Bonaparte et sa déportation aux Açores ou à Ste Hélène sont étudiés par les diplomates de Vienne, à l'instigation de Talleyrand. Le baron Méneval, outré par l'inconduite de l'Impératrice, laisse entendre à mots couverts que Marie-Louise ne rejoindra pas et pour cause...
C'est par les billets de Cipriani qui a la liberté de langage, qu'il apprendra la trahison de Marie-Louise. Quand Cipriani reviendra à Elbe, Napoléon aura quitté I'île.
Cipriani rejoindra à Paris puis suivra à Ste Hélène, où il trouvera la mort en 1818, dans des conditions restées mystérieuses.


Le colonel Campbell, commissaire anglais à Porto-Ferrajo, que l'Empereur a invité à rester une fois sa mission terminée, a écrit dans ses mémoires, Napoléon at Elba :
" Je n'en persiste pas moins dans mon opinion que si Napoléon reçoit la rente stipulée dans les traités, il restera ici parfaitement tranquille à moins d'un événement extraordinaire en Italie ou en France. "

" Ce sera I'île du repos ! " avait dit Napoléon en débarquant le 4 mai. Pons de l'Hérault, le républicain, a beaucoup parlé avec l'empereur durant le séjour à I'île d'Elbe. Il était très ami avec Drouot. Il avait à Rio Marine, sa résidence personnelle, un cercle où l'on parlait librement, ce n'est pas un écrivain de métier, il écrit ce qu'il pense librement de l'Empereur et de l'Empire :

" On a mal connu l'Empereur. Il avait besoin d'affection, il ne s'habituait pas à son isolement, il ne se résignait pas à l'absence de son fils, et peut-être à celle de sa femme. L'Empereur souffrait, des amis éprouvés l'entouraient, mais ils ne pouvaient pas lui dispenser les consolations qu'il aurait puisées dans l'amour paternel et dans la tendresse fraternelle, je n'ose pas me permettre de dire dans le dévouement conjugal: sa fatale compagne n'avait jamais été dévouée, elle n'avait point compris la grandeur de sa destinée; elle avait traversé des jours de gloire sans s'occuper d'autre chose que des pierreries précieuses dont elle était surchargée: c'était une pagode couronnée. Elle ne sût même pas se faire oublier. Mais, il y avait un fils: cela seul explique les soupirs et les voeux de l'Empereur. "

On fait tout pour le faire partir... Qu'auriez-vous fait à sa place ?...
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Percy
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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Ven 22 Oct 2010 - 10:53

Pons de l'Hérault n'était peut-être pas écrivain, mais il était fin psychologue.
Son analyse du mal-être impérial est percutante de vérité.

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Ven 22 Oct 2010 - 14:12

Merci Miguel et Route Napoléon pour vos éclaircissements concernant l'impératrice Marie-Louise cyclops ,ah la sa....! Twisted Evil

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Sam 23 Oct 2010 - 9:44

Bah Fabrice les moeurs de l'époque! N'oublions pas que Pauline s'entoura de très jolies dames de compagnie... probablement pour (faire) consoler son frère??? Shocked

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Sam 23 Oct 2010 - 17:45

Il en avait de la chance le frangin ! unpeufou

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MessageSujet: LAFFREY   Mer 27 Oct 2010 - 8:32

salut On marque la pause à La Mure, au Calavaire.
A 11 heures, on se remet en route, vers Laffrey, où l'on sait qu'un bataillon venu de Grenoble fait barrage.
Les Polonais sont en tête, les chasseurs de la vieille garde ensuite, les uns à pied, les autres en charrettes offertes par les habitants, enfin l'Empereur en calèche, son cheval mené en main.
Le gros de la colonne venant de Corps n'a pas encore rallié.

A 1 heure de l'après-midi, on est à Pierre-Châtel, village de 161 habitants en 1815.
On longe le lac de Pierre-Châtel, puis celui de Petichet et l'on arrive maintenant au grand lac de Laffrey. Ce sont des lacs naturels, datant de l'époque glaciare. Le plateau se resserre entre les collines et les lacs, tel qu'on peut le vois aujourd'hui.
Soudain, les lanciers polonais à bride abattue reviennent vers les chasseurs qui aussitôt sautent de leurs charrettes et chargent leurs fusils. L'Empereur descend de calèche et monte à cheval, puis dépassant les chasseurs pousse vers Laffrey avec les lanciers. Après un temps de galop, ils s'arrêtent: une troupe d'infanterie est rangée en bataille en avant du village. C'est le bataillon de Lessart qui, pris de scrupules de n'avoir pas fait sauter le pont de Pont-Haut dans la nuit, occupe ce défilé, en avant du village de Laffrey, au bord du lac.
Il ya là une foule, arrivée de partout, des ouvriers cloutiers, des rouliers, des paysans du Trièves, d'azutres montés de Vizille. Une foule considérable, toute acquise à l'Empereur.
Lessart a envoyé un courrier au général Marchand, commandant la Place de Grenoble, et attendant une réponse, il espère retarder les rebelles.

A midi, arrive un aide de camp, le capitaine Randon, officier de 19 ans qui n'est autre que le neveu de Marchand. Parti de Grenoble avant que la dépêche arrive, Randon n'a aucun ordre nouveau, mais, jeune et bouillant, assure " qu'il n'y a pas de doute, Bonaparte, il faudra tirer dessus. "
Le capitaine Jacques Randon de St Marul, né à Grenoble en 1793, engagé à 16 ans a fait la campagne de Russie et lieutenant en 1813, la campagne d'Allemagne.
Ce jeune capitaine deviendra maréchal et ministre de la guerre pendant le Second Empire, gouverneur de l'Algérie, pour finir à Genève en 1871.

Il reste avec Lessart qui établit son bataillon en avant du village, les voltigeurs déployés en première ligne. Le commandant Lessart reconnaît Napoléon à sa redingote grise et le voit descendre de cheval et marcher de long en large sur la route, puis observer le bataillon à la lunette.
Un grand nombre de paysans l'ont suivi et certains approchent des voltigeurs avec des proclamations. Mais les soldats restent fixes à leur rang.
Lessart intervient pour chasser les paysans. L'Empereur, à ce moment, lui envoie pour parlementer le général Bertrand, qui a reconnu Lessart, avec qui il a combattu en Egypte où il avait été décoré par le général Bonaparte...
Lessart reste inflexible :

"La France est maintenant au roi. Je ferai feu sur ses ennemis qui s'avanceraient sur mon bataillon.
- Mais si l'Empereur se présente lui-même à vous, que feriez-vous ? Auriez-vous le courage de tirer sur lui ? crie le général Bertrand.
- Je ferai mon devoir ! répond le chef de bataillon.
Et comme le général Bertrand s'avance pour parler aux voltigeurs, Lessart met la main sur la garde de son épée.

Le capitaine d'artillerie Raoul, aide de camp de l'Empereur, arrive alors à cheval jusqu'au front du bataillon et crie :
- L'Empereur va marcher vers vous. Si vous faites feu, le premier coup de fusil sera pour lui. Vous en répondrez devant la France !

Les lanciers polonais se mettent en route et à cent mètres derrière on aperçoit les longues capotes bleues et les bonnets à poil de la vieille garde. Un flottement se produit dans les rangs du 5° de ligne. Lessart voit l'épouvante se lire sur le visage des ses soldats. Il crie à Randon :

- Comment engager le combat avec des hommes qui tremblent de tous leurs membres et qui sont pâles comme la mort !
et il commande :
- Bataillon ! Demi-tour à droite... Marche !
car si depuis une minute il voit qu'il est impossible de résister, il veut au moins éviter les défections.

Les Polonais approchent.
Lessart fait presser le pas. On sent le souffle des chevaux dans la nuque.
Ne voulant pas être entamé par derrière, Lessart commande :
- Halte ! Face en tête ! ".

Et il fait croiser les baïonnettes à sa troupe qui obéit machinalement.
Les lanciers, qui savent qu'ils ne doivent pas charger, tournent bride et se replient à la droite de la vieille garde.
Alors, l'Empereur ordonne au colonel Mallet qui commande les grognards de faire mettre à ses hommes l'arme sous le bras gauche. Le colonel objecte qu'il a danger à se présenter désarmé devant une troupe qui n'hésitera pas à tirer et dont la première décharge serait meurtrière.
Napoléon crie : " Mallet, faites ce que je vous dis ! "
et seul sortant de la ligne de ses vieux chasseurs il marche vers le 5° de ligne.

- Le voilà !... Feu ! s'écrie Randon. Feu ! "

A portée de pistolet, Napoléon s'arrête :

" Soldats du 5°, dit-il d'une voix forte et calme, je suis votre empereur. Reconnaissez-moi !
et avançant encore de deux ou trois pas, il entrouvre sa redingote.
S'il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son empereur, me voilà ! »

" Feu ! " crie le capitaine Randon...

" Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur ! Vive l'Empereur ! "


Un cri si longtemps comprimé jaillit de toutes les poitrines. Les rangs sont rompus, les cocardes blanches volent en l'air, des cocardes tricolores sortent des coiffures, les shakos s'agitent à la pointe des ba:ionnettes, les soldats se précipitent vers l'empereur, l'acclament, le touchent. Le chef de bataillon Lessart désespéré et ému remet en larmes son épée à Napoléon qui l'embrasse pour le consoler. Randon pique des deux et s'enfuit vers Grenoble.
Stendhal a relaté cet épisode chargé de drames et d'émotions dans "Mémoires d'un Touriste "
et dans sa " Vie de Napoléon "...

L'Empereur reste calme et tranquille.
" Sa physionomie reflète la satisfaction, mais il est impossible d'y percevoir le moindre sentiment d'inquiétude ou d'émotion. " relate le Courrier de l'Isère du 30 avril 1839...
Les soldats ayant repris leurs rangs, il leur dit :
- Soldats ! je viens à vous avec une poignée de braves gens, parce que je compte sur le peuple et sur vous. Le trône des Bourbons est illégitime puisqu'il n'a pas été élevé par la nation. Vos pères sont menacés du retour des dîmes et des droits féodaux... N'est-il pas vrai citoyens ?
- Oui ! Oui ! crient les paysans de Laffrey, de Pierre-Châtel, de La Mure, de Mens, et des villages voisins, que la curiosité et leur sympathie pour Napoléon ont ramenés sur le terrain.


Cet endroit est resté célèbre, et s'appelle désormais "La Prairie de la Rencontre ".



Une statue en bronze marque la place. C'est une oeuvre de Frémiet, commandée par Napoléon III.
Cette statue se trouvait sur la Place d'Armes, aujourd'hui Place Verdun, à Grenoble.
Après la défaite de Sedan en 1870, détériorée, elle est mise au placard au dépôt des marbres, jusqu'au jour où Paris et Grenoble se disputent pour la posséder.
Paris la voulait pour l'entrée des Invalides et finalement Grenoble, grâce à la ténacité de Marcel Deléon en 1929, obtint de la faire ériger au centre de la " Prairie de la Rencontre ", là où Stendhal avait planté un saule...




Elle sera inaugurée officiellement une seconde fois le 31 Août 1930,
pour l'inauguration de la Route Napoléon.


Ici on peut vois la largeur de la " Prairie ", finalement pas très large et le coteau entièrement couvert de la population, ce qui fait dire qu'il y avait à Laffrey plus de civls que de militaires.
Au fond, on aperçoit " Le Bivouac Napoléon ", longtemps hôtel-restaurant, étape qui a fortement marqué une génération de passionnés. Aujourd'hui complètement abandonné...




On m'a dit que pour le bicentanaire en 2015 tout sera remodelé.
J'ai rouspété plusieurs fois pour que cette statue soit au moins éclairée, la nuit...
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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Mer 27 Oct 2010 - 9:01

Quelle chance Route d'avoir cette statue même non éclairée! Je l'ai vue une fois en hiver, c'était superbe!
La neige faisait penser aux cocardes blanches arrachées des coiffures...

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Percy
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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Mer 27 Oct 2010 - 16:19

L'épopée est marquée de certains lieux cultes.
Incontestablement, celui-ci en fait partie.

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MessageSujet: LAFFREY   Mer 27 Oct 2010 - 18:57

Oui Percy ce lieu est pour moi le sommet de la Route Napoléon...

Voici pour notre général Bertrand sous la neige la statue mythique




Le lac de Laffrey est bien sûr gelé tous les hivers et il n'est pas rare de voir des patineurs...
Vous ne me demandez pas si je m'y suis baigné. j
Je vous répondrais donc, que l'été c'est très agréable de nager, voyant la statue de l'Empereur
et au loin la montagne l'Obiou.

Voici une rareté, sur ce Forum et nulle part ailleurs :
la statue quand elle était Place d'Armes, à Grenoble, avant 1870 :




Avec en prime, une carte postale ancienne de l'église de Laffrey,
avec la plaque commémorative, sur le mur du cimetière qui entoure l'église :



Depuis peu, on peut voir sur la route cette illustration annonçant " La Prairie de la Rencontre "






salutempire salutempire salutempire salutempire










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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Mer 27 Oct 2010 - 20:02

Magnifique!

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 28 Oct 2010 - 7:37

quelle étape émouvante cher Route Napoléon!

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MessageSujet: VIZILLE   Jeu 28 Oct 2010 - 9:00

salut Oui Fabrice, après la figurine du Général Bertrand et de Cambronne,
il te reste à faire la maquette de la statue...


Pendant ce temps, Grenoble est dans la plus vive agitation.
Vers midi le 4° de hussards venant de Vienne, le 7° de ligne commandé par le colonel Charles de La Bédoyère avec le 11° du colonel Durand, venant tous deux de Chambéry, entrent en ville.
Marchand compte peu sur les hussards qui avaient crié " Vive l'Empereur " l'an dernier lors d'une revue du comte d'Artois.
Par contre il est sûr de La Bédoyère un des meilleurs colonels qui, à 28 ans, a déjà été proposé au grade de général pendant la campagne de France en 1814. De plus il est noble, il a épousé à la fin de 1813 Mlle de Chastellux, brillante famille.
D'abord rallié sincèrement aux Bourbons, il avait senti son royalisme décroître et la politique vexatoire du ministère l'avait rangé dans le rang des mécontents. Il fréquente les salons d'opposition, comme celui d'Hortense, souhaitant tout haut le retour de l'empereur.
Il est alors été éloigné en semi-disgrâce à Chambéry.
Le colonel Durand, lui a 42 ans : il a fait la Vendée, St Domingue, l'Allemagne, la Pologne, l'Espagne.
Il est Grenoblois et après la revue, il invite les officiers chez lui, rue Jean-Jacques Rousseau.
Retenu dans une réunion par le général Marchand, La Bédoyère arrive le dernier.

A son entrée dans le salon des Durand, les officiers le pressent de questions, pensant qu'il apporte une nouvelle :
" Eh bien ! Oui, leur dit-il, c'est chose faite, L'Europe ne veut plus des Bourbons, l'Impératrice passe le Mont Cenis avec 40.000 hommes pour rétablir l'empire. "
En entendant ces mots, le colonel Durand, qui était devant sa cheminée, s'élance vers La Bédoyère et d'une voix forte :
" Et quand cela serait, n'avons-nous pas nos serments ? "
Stupéfaction dans le salon. Mme Durand déteste les Bourbons et admire Napoléon. Elle sait que son mari partage au fond de lui les mêmes sentiments. La Bédoyère sans un regard pour Durand qui tente de le retenir sort, disant :
" Vous avez le temps, les ordres sont pour 3 heures... "


De Laffrey, nos Elbois descendent la Rampe de Laffrey devenue tristement célèbre depuis la chute d'un bus, de pélerins Polonais, tombé dans le ravin, il y a 3 ans...
Ils arrivent à Vizille par ce pont, toujours le même, qui enjambe la Romanche.
A Vizille, c'est jour de marché et depuis midi on est en alerte. La foule est grande, voyant à flanc de colline les cavaliers dévaler, les shakos et les chapskas s'agiter.
Le maire M. François Boulon et ses adjoints, dans la traversée de la ville, accompagnent Napoléon qui s'informe des besoins de la commune et fait remettre une somme d'argent pour l'hôpital.
Napoléon passe sous les hauts murs de la belle demeure du connétable de Lesdiguières, le " vieux renard du Dauphiné"



Ce château de Vizille st désormais le Musée de la Révolution
où tous ans au mois de juillet on fête le 14 juillet

http://www.sudgrenoblois-tourisme.com/index.php?flashOK=1


Mais, à la sortie de Vizille, pour suivre la vraie Route Napoléon, il faut prendre la direction Eybens (D.5), qui est la vieille route de Grenoble par le plateau de Brié-et-Angonnes, puis Tavernolles
et Eybens qui est déjà la banlieue de Grenoble.
A l'époque, c'était le grand chemin de la Croix Rouge qui aboutissait à la Porte de Bonne.
La preuve nous est donnée par les bornes militaires qui sont encore sur les bas côtés



Le maire de Brié-et-Angonnes, ancien professeur des écoles, sait de quoi il parle :





marche marche marche marche marche marche marche





Dernière édition par Route Napoleon le Jeu 28 Oct 2010 - 9:05, édité 1 fois (Raison : corrections)
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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 28 Oct 2010 - 10:25

Plus encore que celui de Ney, je trouve le ralliement de La Bédoyère symbolique de l'état d'esprit et de l'enthousiasme que suscitait le retour de l'Empereur au sein de cette caste militaire qui lui devait tout : les honneurs et la gloire !

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MessageSujet: LA BEDOYERE   Jeu 28 Oct 2010 - 17:18

salut La Bédoyère on y vient...


On l'avait laissé dans le salon de Mme Durand, d'où il se rend aux remparts où est posté son régiment.
Il est 14 heures. Dans un moment, on entend battre la générale.
Dans le salon, les officiers se précipitent sur leurs armes. Mme Durand leur demande s'iIs oseront se battre contre l'Empereur, mais son mari coupe court, ajustant son uniforme pour se contenir: «
" Allons ! N'écoutez pas les femmes: il faut me suivre...
A la porte de Bonne, ils rencontrent le général Marchand en fureur.
Il vient de voir La Bédoyère arracher sous ses yeux le plumet blanc de son bicorne et de la remplacer par un plumet rouge, tirer son épée en criant:
" Grenadiers, soldats, voltigeurs du 7°, à moi ! à moi ! qui m'aime me suive, je vais vous montrer notre chemin ! "
Les tambours battent la charge, les compagnies crient " Le 7° à la porte de Bonne ! " et tout le régiment, aux cris de " Vive l'Empereur ! " s'engouffre sous la voûte comme un torrent.
A 300 mètres des dernières maisons, à portée de fusils des remparts, La Bédoyère commande:
" Halte ! Formez les carrés ! Présentez armes ! " et il fait percer un tambour d'où s'échappent un flot de cocardes tricolores, puis tire d'on ne sait où l'ancien aigle du régiment qu'il fixe sur une branche.

Pour colmater le vide laissé par la défection du 7°, le colonel Durand élargit les rangs de son régiment mais les plus jeunes s'élancent pour rejoindre ceux du 7°, aussi Marchand fait fermer les portes.
Le capitaine Randon arrive de Laffrey à ce moment, épuisé. Poursuivi par des lanciers de Jermanowski, à tombeau ouvert, il avait dévalé la fameuse route et échappé de justesse grâce à un raccourci,
le " tracoulet ", qu'il avait pris à la sortie de Vizille.
Il raconte ce qui c'est passé à Laffrey.
Il a croisé le 7° régiment de La Bédoyère, rayonnant, certains hommes, le prenant pour une estafette de Napoléon, le saluant par des " Vive l'Empereur ! "

Une stèle a été érigée, il y a une dizaine d'années, à l'endroit de la rencontre de La Bédoyère et de Napoléon



Cette stèle a été inaugurée en présence d'une descendante du colonel Charles Huchet de La Bédoyère :




Le colonel La Bédoyère ne quittera plus l'empereur qui en fait son aide de camp.
A Waterloo, il sera l'un des derniers à quitter le champ de bataille.
Après la seconde abdication, il envisage de s'exiler en Amérique.
Revenant, clandestin, une dernière fois embrasser sa femme et son jeune fils, il est démasqué par un policier, emprisonner et jugé.
Le juge, en se servant des cocardes sorties du tambour, fera admettre la préméditation et Charles de La Bédoyère sera condamné à mort et sera fusillé le 19 Août, plaine de Grenelle.


Resquiescat in pace.
en attendant que Fabrice fasse sa figurine...



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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 28 Oct 2010 - 18:18

Voilà un homme qui avait du caractère et qui sut se battre jusqu'au bout pour ses idées.
A ce titre, il mérite tout notre respect.
Hommage à lui ! salutempire

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 28 Oct 2010 - 20:21

et bien j'ai du boulot pour 20ans avec toi cher Route Napoléon! tongue

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MessageSujet: EYBENS   Ven 29 Oct 2010 - 7:42

Oui Fabrice, va créer une multinationale...

Nous sommes toujours sur le plateau de Brié-et-Angonnes, que j'ai vu se couvrir de lotissements pendant ces années où j'étais Grenoblois. Cependant c'est encore la campagne car il y a de Vizille à Grenoble une 4 voies parfois rapide, tandis que notre vieille Route Napoléon garde son calme de vieilles troupes.

Sur le plateau de Brié, un grenadier de I'île d'Elbe, originaire du lieu, se précipite à la ferme paternelle
et dans l'effusion générale, vient présenter son vieux père à l'empereur qui l'embrasse.
C'est maintenant une forte troupe qui marche sur Grenoble. Le 5° de Delessart, le 7° de La Bédoyère et les chasseurs de Laborde mêlés, entourés d'une foule de plus en plus dense.
A Tavernolles, l'Empereur s'arrête dans une auberge dont l'enseigne " Aux Trois Fleurs de Lys " le fait sourire, auberge devenue " La Pizzeria Napoléon " avec cette plaque sur la façade



C'est la fin de l'après-midi et depuis ce matin que d'émotions !
La tenancière, la Mère Viguier, lui prépare une bonne omelette campagnarde, arrosée d'un pichet de vin.

Dernière halte avant la capitale du Dauphiné, Eybens, où Napoléon descend à l'auberge Ravanat, pendant que l'état-major va en reconnaissance jusqu'aux portes de Grenoble.
L'auberge Ravanat a été longtemps une mercerie et maintenant, les temps changent,
une banque...
Néanmoins a été conservée cette peinture :



et cette plaque commémorative :




salutempire





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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Ven 29 Oct 2010 - 12:09

L'aventurier se prépare à devenir prince ! Wink

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