L'ILE D'ELBE, UNE ILE IMPERIALE

Un hommage à cette île de rêve qu'est l'île d'Elbe...
 
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 La route Napoléon, pas à pas...

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Route Napoleon
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MessageSujet: EN ROUTE !   Jeu 2 Déc 2010 - 12:37

Autant on s'est attardé à Auxerre pour prépare la der(nière étape, autant celle-ci doit être rapide. La route se prête à la vitesse, large, plate, bordée de platanes. C'est là, à Villeneuve-la-Guyard, qu'Albert Camus trouvera la mort dans une Facel-Vega conduite par un jeune Gallimard...

A Pont-sur-Yonne, Napoléon passe en revue le 6° régiment de lanciers du colonel Galbois, qui, prévu à l'aréme de Berry en formation au sud de Melun, en apprenant l'arrivée de l'Empereur a quitté Montereau pour venir à sa rencontre.

La neige recouvre les bords de l'Yonne et la voiture file. Napoléon a demandé de relayer en dehors des villes pour accélérer le mouvement. Il se rencogne dans un coin de sa berline et pense...

Il pense que Joseph est lui aussi en route.
De Grenoble il l’a prévenu dans son exil Suisse de Prangins.
Etroitement surveillé par les autorités fédérales, Joseph, jusqu’au 16 mars, s’est tenu tranquille puis il a reçu deux lettres importantes, une de Napoléon et l'autre de Murat...
A la demande de son frère arrivé à Grenoble, Joseph a envoyé par courrier spécial, au ministre Autrichien, M. de Schrand, l’adresse de Grenoble et cette lettre :
" L’Armée, la Nation, Paris rappellent l’Empereur. Le règne des Bourbons n’a été qu’un rêve malheureux pour la France. Bientôt, Napoléon sera remonté sur son trône. Il ne veut que la paix, qu’assuer le repos et le bonheur du monde. N’étant sûr, ni de Berne, ni de Lucerne, j’engage Votre Excellence à avoir avec moi une entrevue soit à Prangins soit à Morat qui pourra peut-être contribuer à amener cet heureux résultat."

M.de Schrand montre cette lettre au Comte Auguste de Talleyrand, l’ambassadeur de France, qui lui conseille de faire enlever Joseph pour l’enfermer à la Citadelle de Besançon.
Prévenu Joseph quitte Prangins ce 19 mars avant l’arrivée de la police. Avant de partie avec ses filles, il a creusé dans son jardin des caches pour ses papiers et ses bijoux…
On le retrouvera à l’île d’Aix, partant refaire fortune en Amérique…

Ce 19 mars, Murat est en route pour Ancône.
Il rêve de faire l’unité de l’Italie. Se voyant rejeté de plus en plus par le Congrès de Vienne,
il pense que si les Souverains veulent le chasser, il aura, ainsi, le peuple Italien pour lui…

Avant de partir de Porto-Ferraio, Napoléon lui a envoyé Colonna pour lui faire savoir son départ de l’île d’Elbe, sans préciser de date, puisque Napoléon lui-même le la sait pas.
Colonna est arrivé à Naples le 1er mars, uniquement chargé de lui annoncer le départ sans précisions, de lui demander d'envoyer des bateaux à l'Empereur et un autre en Provence, pour ensuite, avoir des nouvelles plus sûres.

Surpris, Murat, pour avoir plus de enseignements, expédie le général Francheschetti avec 2 bâtiments le Capri et le Gioacchino et un plus petit le Prince Lucien dirigé sur Toulon ou Marseille, pour servir de courrier. Les bâtiments arrivent quand Napoléon est parti. Ils ramèneront Madame Mère et le secrétaire de Pauline qui donnera les détails.

Le 5 mars Murat reçoit un courrier de Rome annonçant l’évasion de Bonaparte !
Le 15 un courrier venu de Gênes : Napoléon a traversé les alpes et fait son entrée triomphale à Lyon !

Plutôt que d’attendre l’arrivée de l’Empereur à Paris, il se met en route avec une armée
et marche vers les Etats du Pape. Bientôt il déclare la guerre à l’Autriche ruinant les projets de paix de Napoléon...
On sait que sa tentative tournera court et se terminera par la défaite de Tolentino.
Lui aussi débarquera à Cannes le 25 mai.
Aussitôt arrivé il écrit à Fouché…
Madame Mère, le Cardinal Fesch et Jérôme, évadé de son exil de Trieste, ont débarqué eux, dans le Golfe-Juan, le 22 mai.

na! na! na!

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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Jeu 2 Déc 2010 - 16:09

La maladresse de Murat a certes nuit aux rêves de paix de Napoléon.
Mais qui, parmi les souverains alliés, pouvait encore croire en la parole d'un homme qui venait de s'évader à leur nez et à leur barbe et qu'ils venaient de déclarer hors-la-loi et ennemi du genre humain ?
C'était se faire beaucoup d'illusions que d'imaginer recevoir leur bénédiction ou de tabler sur leur crédulité...

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MessageSujet: LONDRES   Ven 3 Déc 2010 - 16:32

Dans ce même temps, mars 1815, à Londres, à la Chambre des Communes, un homme se lève pour poser des questions au tout puissant Castlereagh, Premier Ministre qui vient rentrer du Congrès de Vienne.
C'est Samuel Whitbread, leader des Whigs, opposants du fort parti des Torries qui depuis 15 ans mène la lutte contre la France.
Depuis le début de mars, Londres est en ébullition à cause du Bill sur les grains qui rend les pauvres encore plus pauvres.

- Alors, demande Samuel Whitbread, est-ce bien le moment de relancer l'Angleterre dans une guerre sur le continent qui achévera de nous épuiser ?
Votre célèbre assemblée de Vienne a tant fait qu'elle a ramené Bonaparte sur la scène politique, elle l'y ramène investi d'une nouvelle force morale sur ses adversaires.
Je voudrais savoir si les Puissances n'ont pas donné elles-mêmes à Bonaparte des sujets légitimes de plainte ?
Le Traité de Fontainebleau a-t-il été violé ?
A-t-on refusé de payer la pension qu'on lui avait promise ?
A-t-on essayé d'enlever au jeune fils de Bonaparte les duchés de Parme ?
Si Bonaparte triomphe, il est vraisemblable que de grands revers lui auront mieux appris à juger ses véritables intérêts et que par conséquent, l'Angleterre pourrait rester en paix avec lui "...


Si vous connaissez cette route, de Pont-sur-Yonne à Montereau, il y a qu'une encâblure.
Arrivé à Fossard, là exactement où c'est déroulée en 1814, l'Affaire Maubreuil, l'Empereur trouve alignés le long de la route des cavaliers emmitouflés.
Ce sont le 13° Dragons de l'armée du Duc de Berry. Leurs officiers sont partis tandis que leurs hommes préférent rallier.
Seul le colonel Moncey, fils du maréchal, qui commande le 3° Hussards et qui aime Napoléon, "mais croit que son devoir est de suivre le Roi " monte sur Beauvais.
Son régiment, qui aime son colonel et qui " croit que son devoir est de suivre son colonel ", tourne bride et en criant " Vive l'Empereur ! " monte vers le Nord...

Dans la nuit, Napoléon, en route pour Melun où il croit trouver l'armée du duc de Berry, voyant ses troupes échelonnées sans officiers, décide de rentrer à Fontainebleau et bifurque sur Moret-sur-Loing.

Arrêt à Moret à l'auberge " La Belle Image " tenue par Mme Clément la femme du maire.
La mairie est toute bariolée et pavoisée de tricolore.
Et comme c'était dimanche, tout le monde a bien bu et chante en attendant le convoi.
Sans tambour ni trompette, l'Empereur débarque et demande à se reposer quelques instants.

Il ne dormira que d'un oeil. On lui envoie des courriers tous les 1/4 d'heures. Jusqu'à Drouot, qui surprenant un gamin l'oeil collé au trou de la serrure, d'un coup de pied bien placé, envoie l'indiscret au pied de l'escalier. Le vacarme réveille l'Empereur.
On reprend la route, Napoléon toujours inquiet de savoir Louis XVIII à Paris et redoutant un soulèvement populaire.

On arrive à Fontainebleau.
La ville dort mais le château est illuminé.
Entrée dans la cour du Cheval Blanc, bien connue des grenadiers de l' île de France, la cour des Adieux du 20 avril de l'an dernier !
L'Empereur, épuisé, monte les escaliers en fer à cheval, au bras du général Bertrand.
Il va aussitôt à sa chambre, où brûle un bon feu de bois, se fait tirer les bottes et se couche à demi vêtu...




Dernière édition par Route Napoleon le Ven 3 Déc 2010 - 16:34, édité 1 fois (Raison : corrections)
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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Ven 3 Déc 2010 - 20:47

La dernière ligne droite est souvent la plus difficile à négocier.
On sent bien la tension croître...

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MessageSujet: PARIS   Ven 3 Déc 2010 - 21:32

Oui on touche au but...

Paradoxe, le journal Le Moniteur annonce que le calme a été rétabli à Lyon, que le général Marchand a reconquis Grenoble
et Napoléon est pris en tenaille par les troupes remontant le Rhône et l'armée rassemblée près de Melun sous les ordres du Duc de Berry secondé par le maréchal Macdonald.

Vive discussion entre Berry et Macdonald qui part vers le roi offrir sa démission...
Louis XVIII n'accepte pas.
Le maréchal dans ses Souvenirs parus chez Plon en 1892, écrit qu'il est :
" bien résolu à ne plus se mêler de rien, sauf à suivre avec loyauté la ligne de ses serments. "
(pages 358 et 359...)
Il demande au Roi de lui dire en cas d'évènements dans quel département il se propose de se retirer
- Dans la Vendée, répond Louis XVIII ...
- Dans ce cas tout est perdu, si votre Majesté prend cette direction, Elle y a sans doute, des partisans plus qu'ailleurs, mais le plus grand nombre restera inactif : il est fatigué, rassasié de guerre civile. Vous y serez poursuivi, on s'emparera des côtes et toute retraite sera impossible.
Rendez vous en Flandre, l'esprit des départements du Nord et du Pas-de-Calais vaut mieux qu'ailleurs... L'une ou l'autre des places servira de ralliement où vous pourrez établir votre gouvernement..."

Bon comédien Louis XVIII avait dit Vendée pour s'entendre répondre Flandre....
On sait que les Bourbons n'ont pratiquement jamais rien fait pour les Vendéens...

Macdonald devenu le soutien de la royauté pourra le soir même reprendre le duc de Berry, revenu de Melun et qui lui jette
" Oublions ce qui s'est passé ce matin et travaillons ensemble. Dès ce moment vous êtes chargé de tout
- Cela ne se fait pas ainsi, répond Macdonald, faites mettre à l'ordre que je prendrais demain à 10 heures le commandement et que la correspondance me soit adressée... "

Les généraux Maison et Dessolles, fidèles au Roi, viennent dire à Blacas, le favori du Roi, qu'ils se tiennent prêts à sacrifier leur vie en attaquant Napoléon. Mais que leur résistance ne serait jamais pardonnée et qu'en cas d'échec ils perdraient leur fortune et devraient s'exiler...
Il leur est compté, à chacun, 200.000 francs...

Autre débandade, chez les Libéraux, anciens Conventionnels, ralliés et assis entre deux chaises,
on s'esquive : La Fayette rentre en Auvergne, comme Fontanes l' ex-d'Elisa.
Mme de Staël ferme son salon.
Dans ce désarroi, Chateaubriand suggère de se ranger autour du Roi pour se faire égorger...
Seule Juliette Récamier garde la porte ouverte et Benjamin Constant, qui vient de terminer son Adolphe, écrit un article qui paraîtra demain dans Le Journal des débats :
" Il reparaît cet homme teint de notre sang ! Cet Attila..."

L'après-midi dans les Jardins des Tuileries, un groupe de jeunes exaltés insulte un demi-solde, le frappe à mort et l'abandonne au coin de le rue St-Honoré, le crâne ouvert...
Les Bonapartistes suite à cet incident restent cloîtrés...





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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Ven 3 Déc 2010 - 23:44

Entre Blancs et Bleus, les haines restent tenaces !
Et la Terreur, quelle que soit sa couleur, présente le même hideux visage...

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MessageSujet: PARIS   Sam 4 Déc 2010 - 11:51

Pendant ce temps...

Mr.de Marsilly, de garde parmi les Cent-Suisse, aux Tuileries :
" Jour de peine et de douleur. Temps pluvieux. Le Roi a été à la messe. Que la musique était belle ! Est-ce la dernière fois que je l'entendrai ? Le Roi s'est montré au balcon. Que de cris " Vive le Roi ! ...
Mais ce ne sont que des signes. L'armée abandonne le Roi. Ce bon Roi a été trompé jusqu'au bout.
A 4 heures, il a été passé la revue des détachements de Sa Maison, et on chargeait les malles dans les voitures..."

Le maréchal Macdonald raconte dans ses mémoires :
"Il y avait à peine une demi-heure que le Roi était parti passer Sa Maison en revue, que je le vis revenir. Surpris d'un si prompt retour, je montai au château. La foule grossissait à chaque instant et le Roi s'en inquiétait. Je lui dis que c'était une curiosité bien naturelle et qu'on était dimanche qui pouvait amener beaucoup de monde aux Jardins des Tuileries..."

C'est la peur de la foule qui fait retourner le Roi.
Macdonald fait vider les voitures et les fait partir pour faire croire qu'on décommande le départ...
" Vous pourrez rappeler les voitures dans la nuit quand tout le monde sera dispersé..."

En effet à 17 heures il n'y a plus personne aux abords du Palais...

Les nouvelles de la fuite du Roi ne tardent pas à arriver aux oreilles des 20.000 hommes du duc de Berry, échelonnés entre Villejuif et Essone :
- 1er corps d'infanterie sous Maison, à Chevilly
- 2ème corps sous Rapp, à Bourg-la-Reine
- Kellermann fils, avec la cavalerie en éclaireur
Le grand Vendéen Belliard commande en second pendant l'absence du maréchal Macdonald.

Le soir, ce maréchal leur fait passer l'ordre de se replier vers Saint-Denis, pour monter sur Beauvais...


Cette nuit aux Tuileries, va se passer l'épisode le plus atroce de ce déménagement : on a égaré les pantoufles du Roi !
Au maréchal Macdonald, Louis XVIII soupire en montant enfin dans sa voiture,
" Vous verrez avec l'âge, l'importance d'avoir des pantoufles formées à son pied !..."

Et Louis XVIII, qui avait déjà réussi son " Varennes " en 91, part courageusement vers Beauvais.
Le duc de Berry et le maréchal Marmont qui commandait la maison du Roi, forment l'escorte.
Tous les ministres partent dans la nuit...

à lire :
- Servitude et Grandeur Militaire d'Alfred de Vigny, qui galopait cette nuit-là aux côtés du Roi.
- La Semaine Sainte, de Louis Aragon




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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Sam 4 Déc 2010 - 15:29

Ce bon Louis "die swiet" était-il donc un pantouflard ?
Ce serait la goutte qui ferait déborder le vase... unpeufou

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MessageSujet: MON CHER FRANZ   Sam 4 Déc 2010 - 17:27

Ce bon Père de Gand...


LUNDI 20 MARS 1815 :

Le soleil se lève à 6 heures, il fait 8°.
C'est le printemps...
Le général Haxo, pour rejoindre Louis XVIII, trouve les Tuileries quasiment désertes.
Lavalette à 7 heures a pris sur celui de prendre la direction de la Poste et prévient les maîtres de postes que l'Empereur sera là avant deux heures et de ne plus fournir de chevaux sans autorisation.
Lavalette interrompt la publication du Moniteur.
Aux Tuileries, le ministre des Finances a oublié 50 millions dans les coffres.
Le Chancelier Pasquier interroge Cambacéres...

A Fontainebleau, Napoléon se lève avant 8 heures et prend un bain brûlant puis se fait frictionner. Pourtant Ali remarque qu'il n'a pas
" récupéré et que, quoique il eût voyagé en voiture, depuis Grenoble il paraissait fatigué. "
Nous savons qu'il a pris un gros rhume à Corps...
Revues sur revues dans la Cour du Cheval Blanc aux troupes qui arrivent sans cesse.
Les Elbois montés par coche d'eau arrivent par Montereau.
Le général Bertrand, qui n'a pas dormi, est débordé. Comment nourrir tout le monde et toujours cette incertitude du côté de Melun....

A Vienne, en Autriche, l'Aiglon s'apprête à fêter ses 4 ans...
Le roi de Rome se réveille dans un nouveau décor.
A l'annonce du débarquement de son père, on lui a fait quitter Schoenbrünn pour le palais froid de la Höfburg plus facile à surveiller.
On a doublé les sentinelles habillées en domestiques, avec ordre de surveiller les trois Français
qui restent et qui ne vont pas tarder à partir Mme de Montesquiou, Ménéval et Bausset.

L' Aiglon a vécu heureux jusque maintenant à l'ombre de sa Maman Quiou qui lui a fait traverser les premières années, à l'abri des turpitudes. La comtesse de Montesquiou, gouvernante des " Enfants de France ", l'a protégé dans sa tendresse toute naturelle sous des apparences rigides.
Le petit l'appelle " Maman Quiou ".
Avec elle, il a vécu la disparition de son père, le départ des Tuileries et la déportation à Schoenbrünn, où il a retrouvé les mêmes habitudes.
Oui, il y a aussi une belle dame qui lui glisse des mots en allemand à l'oreille, des mots doux comme un Apfelstroudel, qu'il doit aussi appeler Maman et que les autres continuent d'appeler Majesté.

Sur la route de Fontainebleau, les gens accourent pour revoir l'Empereur. On entend souvent revenir cette phrase :
" C'était prévu qu'il arrive le 20 mars pour l'anniversaire du petit !..."


fleurofferte fleurofferte fleurofferte fleurofferte fleurofferte fleurofferte


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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Sam 4 Déc 2010 - 18:30

Curieux et émouvant paradoxe que le retour glorieux du "Père la Violette" et le tragique destin de l'Aiglon tiraillé entre deux cultures et à qui l'on voudra jusqu'à effacer le titre de Français.

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MessageSujet: PARIS    Lun 6 Déc 2010 - 15:53

LUNDI 20 MARS :

Fontainebleau à midi :
L'Empereur appelle Fleury de Chaboulon
- Vous allez partir en avant. Vous ferez tout préparer
- A Essonnes, Sire ?
- A Paris. Le Roi et les Princes sont en fuite. Je serai ce soir aux Tuileries.
Le courrier de La Valette est arrivé. En même temps que d'autres messagers envoyés par Savary, Hortense et peut-être Fouché...

A Paris, les généraux Exelmans et Sébastiani ont pris les choses en mains.
Le drapeau tricolore flotte aux Tuileries à 2h 20, dôme de l'Horloge,
aux Invalides à 2h 30...
A 2 h 45, au Lycée Louis le Grand, le fils de Carnot, par la fenêtre voit le drapeau hissé au sommet de la colonne Vendôme...

A Vienne, le général Neipperg fait ses adieux à Marie-Louise. Il part prendre la tête d'une division en Italie contre Murat...

Aux Tuileries la nuit va tomber.
Dans l'après-midi, à la suite d'Exelmans, les dignitaires impériaux sont réapparus, avec Hortense qui porte les habits du deuil de sa mère, l'Impératrice Joséphine
Dans le Salon des Maréchaux, ces dames à genoux décousent les lys des tapis pour laisser apparaître les abeilles.
Tout le monde s'embrasse...
Fleury de Chaboulon arrive très intimidé.

C'est vers les 9 heures que Napoléon entre dans Paris.
Ali raconte :
" On arriva à la barrière de Villejuif, on suivit le boulevard et on atteignit les Invalides. On passa le pont Louis XVI et on entra dans la cour des Tuileries par le guichet du Pont-Royal... "
On est toujours dans la calèche du préfet Gamot, le beau-frère de Michel Ney.
Elle pénètre dans la cour, personne ne reconnaît la voiture...
Quand apparaît le petit chapeau, c'est une explosion, une commotion, une émotion...

Toujours Ali :
" Il ne nous fut plus possible d'avancer. Toute la partie du côté du Pavillon de Flore était remplie d'une masse de généraux, d'officiers, de gardes nationaux et d'une grande quantité de personnes de distinction, qu'il me fut impossible de faire avancer la voiture jusqu'au perron.
L'Empereur, voyant qu'il ne pourrait aller plus loin, descendit dans la foule immense qui se pressait autour de lui...
- Mes enfants vous m'étouffez "

Au même moment, Maman Quiou fait ses adieux au petit Roi de Rome et l'embrasse pour la dernière fois...
Ainsi va la vie...



salutempire salutempire salutempire salutempire salutempire salutempire salutempire salutempire
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MessageSujet: Re: La route Napoléon, pas à pas...   Lun 6 Déc 2010 - 17:01

Oui, en effet, la vie a parfois de curieux raccourcis.
Les uns se retrouvent, les autres se séparent.
Larmes de joie d'un côté, de tristesse de l'autre...

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